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Indivision bloquée : quelles solutions judiciaires pour en sortir ?

Vous êtes dans une indivision (successorale ou non) et souhaitez en sortir, récupérer un bien précis, mais un ou plusieurs indivisaires s’y opposent, un autre est silencieux… et vous ne pouvez plus avancer.

Sachez que vous n’êtes pas contraint de rester dans cette situation. La loi prévoit plusieurs mécanismes pour provoquer une sortie de l’indivision lorsque l’accord amiable est impossible.

1.La vente sur autorisation judiciaire (majorité des 2/3)

Pour contourner l’opposition d’un minoritaire.

  • Le principe : Des indivisaires représentant au moins deux tiers (2/3) des droits indivis peuvent demander au tribunal l’autorisation de vendre un bien (art. 815-5-1 du Code civil).
  • La procédure : La demande est d’abord formalisée chez un notaire, qui la notifie aux autres indivisaires. En cas d’opposition ou de silence, le tribunal est saisi.
  • Le résultat : Si le juge autorise la vente, celle-ci se déroule par licitation, c’est-à-dire aux enchères publiques. Le bien est alors adjugé au plus offrant. Pour les biens ruraux, la SAFER peut également être un acquéreur potentiel.

 

2.La vente sur autorisation judiciaire (pour les cas d’urgence)

Pour sauver le patrimoine commun.

  • Le principe : Un seul indivisaire, même minoritaire, peut demander au juge l’autorisation de vendre si le refus des autres met en péril l’intérêt commun (art. 815-5 du Code civil).
  • Les conditions : Cette procédure est réservée aux situations où l’on peut prouver un péril : dettes importantes qui s’accumulent, dégradation rapide du bien menaçant sa valeur, etc.
  • Le résultat : Si la condition de péril est démontrée, le juge peut autoriser une vente de gré à gré, c’est-à-dire une vente classique à un acheteur et à un prix déterminé, sans passer par les enchères.

 

3.Le partage judiciaire et l’attribution préférentielle

Pour conserver le bien (Ferme, Domaine Viticole, Maison).

  • Le principe : Tout indivisaire peut demander en justice le partage de l’ensemble des biens pour mettre fin à l’indivision, en vertu de l’article 815 du Code civil (« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision »).
  • L’outil spécifique : Dans ce cadre, il est possible de demander l’attribution préférentielle d’un bien (art. 831 et s.). C’est le cas pour l’héritier qui habite le logement familial ou qui exploite l’entreprise ou les terres agricoles dépendant de la succession.
  • Le résultat : Le tribunal peut décider d’attribuer la pleine propriété du bien à cet indivisaire. En contrepartie, celui-ci devra verser une compensation financière (une « soulte ») aux autres héritiers si la valeur du bien dépasse ses droits dans la succession.

 

4.Un levier spécifique aux successions agricoles : la créance de salaire différé

Pour rééquilibrer les comptes au profit de l’exploitant.

  • Le principe : Un descendant d’agriculteur ayant travaillé sur l’exploitation familiale après 18 ans, sans recevoir de salaire en contrepartie, peut faire valoir un droit à rémunération (art. L. 321-13 du Code rural).
  • Le mécanisme : Cette créance de salaire différé est considérée comme une dette de la succession. Elle doit être payée à l’héritier concerné avant le partage des biens entre tous.
  • L’impact : Le montant de cette créance vient augmenter la part nette de l’héritier qui en bénéficie. Elle peut notamment servir à compenser, en tout ou partie, la soulte due dans le cadre d’une attribution préférentielle (option 3).

 

Comment s’y retrouver ?

Vente aux enchères, partage judiciaire, demande d’attribution, calcul du salaire différé… La meilleure stratégie n’est jamais une solution unique, mais une combinaison articulée de ces outils.

Attention aux recettes toutes faites : la stratégie qui a fonctionné (ou échoué) pour un voisin, un ami ou un autre membre de la famille n’est que rarement transposable. Chaque dossier est unique par ses enjeux, , la nature des biens (foncier, bâti, parts de société) et ses relations humaines.

C’est pourquoi le cabinet LEGICONSEILS, basé à Dijon et intervenant partout en France, ne propose pas de solution standard, mais des stratégies sur-mesure. Notre équipe est à votre écoute pour analyser votre situation, évaluer les options et vous accompagner à chaque étape pour construire la solution visant à sécuriser vos droits et pérenniser votre patrimoine.

 

Vous faites face à une indivision bloquée ?

Contactez-nous.

Marine-Laure COSTA RAMOS

Avocat Associé en droit rural et droit des successions.