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L’actualité agricole récente est marquée par une vive émotion. Face à l’apparition de foyers de Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) bovine, l’administration peut ordonner l’abattage total des troupeaux concernés, y compris lorsque certains animaux ne présentent aucun signe clinique.
Pour les éleveurs, l’épreuve est considérable : perte d’animaux, de génétique, de plusieurs années de travail, et sentiment d’une décision brutale, parfois vécue comme incompréhensible.
Pourquoi l’abattage est-il obligatoire en cas de DNC ? Existe-t-il des alternatives légales, comme la vaccination ou le maintien de certains animaux ? Quels sont les droits à indemnisation des éleveurs touchés ?
Sur le terrain, la marge de manœuvre de l’administration française est fortement contrainte par le droit de l’Union européenne. Juridiquement, la France se trouve en situation de compétence liée : elle est tenue d’appliquer les règlements européens relatifs à la santé animale.
Depuis l’entrée en vigueur de la Loi de Santé Animale européenne, la politique sanitaire est harmonisée à l’échelle de l’Union.
La Dermatose Nodulaire Contagieuse bovine est classée en maladie de catégorie A par le Règlement d’exécution (UE) 2018/1882.
Cette catégorie vise les maladies :
L’article 12 §1 du Règlement délégué (UE) 2020/687 prévoit expressément que : « tous les animaux des espèces répertoriées détenus dans l’établissement touché sont mis à mort dès que possible (…) ». L’abattage total constitue donc le principe juridique de base en cas de foyer de DNC bovine.
Textes de référence : Règlement (UE) 2016/429 – Animal Health Law – Règlement d’exécution (UE) 2018/1882 – Règlement délégué (UE) 2020/687
Si l’abattage total est le principe posé par l’article 12 §1 du règlement 2020/687, le texte prévoit également des mécanismes de dérogation.
L’abattage n’est donc pas, juridiquement, une mesure automatique, mais une mesure devant être nécessaire et proportionnée au risque sanitaire.
Deux leviers juridiques distincts existent : la vaccination d’urgence et la sauvegarde des animaux à haute valeur.
L’autorité compétente peut décider de reporter la mise à mort des animaux lorsque :
En pratique, cela signifie que si l’État déploie une stratégie vaccinale adaptée, l’abattage systématique peut être évité au profit d’une immunisation du troupeau, assortie d’une surveillance renforcée.
L’article 13 du règlement 2020/687 permet d’exempter certains animaux de l’abattage, notamment :
Il est également possible d’épargner des unités épidémiologiques distinctes au sein d’une même exploitation, à condition de démontrer une absence totale de liens et de contacts.
La DNC étant une maladie vectorielle transmise par les insectes, l’obtention de ces dérogations est particulièrement complexe.
L’article 13 §3 subordonne toute dérogation à une évaluation des risques favorable.
En pratique, l’éleveur doit être en mesure de garantir une biosécurité quasi parfaite :
L’existence juridique de ces options impose néanmoins à l’administration de vérifier l’absence de mesures alternatives suffisantes avant de recourir à l’abattage.
Dans les pays où la DNC est endémique, la stratégie est celle du contrôle :
En France, pays historiquement indemne, la stratégie est celle de l’éradication.
Le risque majeur lié aux dérogations est celui de la persistance virale.
Un animal infecté, même asymptomatique, peut rester porteur du virus et servir de réservoir via les insectes piqueurs.
C’est ce risque biologique qui explique la réticence de l’administration à accorder des dérogations individuelles.
La France est le premier producteur bovin d’Europe. Son économie repose sur son statut sanitaire international.
L’abattage permet :
Le maintien d’animaux vivants prolonge les zones de surveillance et bloque les échanges.
La vaccination fait perdre le statut « indemne sans vaccination », fermant certains marchés internationaux.
L’arbitrage est donc brutal : sauver certains foyers individuels ou préserver l’économie de toute la filière bovine.
Le droit français prévoit une indemnisation des animaux abattus sur ordre de l’administration, notamment sur le fondement de l’article L. 221-2 du Code rural et de la pêche maritime.
Points de vigilance :
Sur le plan fiscal, certaines indemnités peuvent relever de dispositifs liés aux revenus exceptionnels, permettant parfois un étalement.
Les abattages liés à la Dermatose Nodulaire Contagieuse constituent une réalité extrêmement éprouvante pour les éleveurs.
Pensée à l’échelle du statut sanitaire collectif, la décision d’abattage s’inscrit dans un cadre juridique et économique strict, largement déterminé par le droit européen.
Si l’abattage constitue le principe, le droit prévoit néanmoins des mécanismes dérogatoires et des régimes d’indemnisation qui appellent une vigilance juridique constante.

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